Tranchée de Vésenaz: NON au gaspillage et aux abus du Grand Conseil !
Un projet du passé à 57'000'000 CHF
Fin 2008, la Confédération rétrograde le projet de tranchée de Vésenaz de priorité A en priorité C pour les motifs suivants : « Rapport coût-utilité insuffisant. L’efficacité de la mesure est faible en raison d’un délestage uniquement partiel du centre du village (la route d’Hermance reste en surface) et de la faible quantité de population concernée. ».
Cet épisode aurait dû être le dernier d'un mauvais feuilleton qui a débuté dans les années 70. En effet, le projet prévoyait un financement à parts à peu près égales entre la commune de Collonge-Bellerive, l’Etat de Genève et la Confédération. La décision de la Confédération de repousser l'éventuelle construction de cette tranchée de plusieurs dizaines d'années aurait dû avoir pour conséquence la mort du projet, faute d'argent. C'était sans compter l'aveuglement de quelques-uns qui avaient décidé que ce projet d'un autre temps se ferait coûte que coûte, même contre l'avis des experts.
Ainsi, le Grand Conseil a décidé de voter un crédit complémentaire de 21'800'000 CHF, tout en n'apportant aucune réponse aux questions soulevées par la Confédération.
Nous considérons que la décision de la Confédération est juste et ne comprenons pas pourquoi les contribuables du canton de Genève devraient payer, en plus des 17'500'000 CHF déjà votés, une nouvelle tranche de 21'800'000 CHF à cause du retrait de la Confédération et ceci pour financer la construction d'une tranchée coûteuse et à l'efficacité douteuse.
Une proposition inefficace
Le village de Vésenaz connaît une surcharge de trafic automobile, comme de nombreuses rues et villages du canton, cela n’est pas contestable. Cela dit, on voit mal en quoi le fait d’enterrer une partie du trafic – et une partie seulement ! – sur 520 mètres représenterait l’ombre d’une solution.
Quel résultat peut-on attendre de la construction d’une tranchée couverte ? Comme le relève la Confédération dans son rapport, le village de Vésenaz avec la tranchée ne sera pas un havre de paix. Il restera en surface le trafic de la route d’Hermance (15'000 véhicules/jour), auquel viendront s’ajouter les véhicules de la route de Thonon qui n’iront pas vers le centre-ville (5'000 véhicules/jour), soit près de 20'000 véhicules par jour qui continueront à circuler en surface.
Une solution disproportionnée
Les seuls « bénéficiaires » d’un tel ouvrage, les personnes qui verront réellement les nuisances diminuer sont celles qui habitent dans le centre de Vésenaz, sur le tracé de la tranchée, soit environ 500 personnes en comptant large. Cela représente donc un coût approximatif de 112 000 CHF par habitant dont les conditions de vie seront – marginalement – améliorées. Au vu de ces chiffres, on comprend mieux l’analyse de la Confédération, qui estime que « le rapport coût/utilité de l’ouvrage est insuffisant ».
Des nuisances toujours présentes
Le bruit et la pollution ne disparaîtront pas. Le bruit diminuera éventuellement au centre, mais sera plus important aux alentours des trémies d’accès au tunnel ; quant aux émissions polluantes, elles seront de toute façon rejetées à l’air libre.
Mieux sur 520 mètres, pire sur le reste du canton !
On parle ici essentiellement des effets attendus pour les riverains immédiats de la tranchée, mais que dire des riverains habitant le long de la route de Thonon, avant et après la tranchée ? Ceux-ci verront la circulation et les nuisances augmenter, sachant d’expérience que toute nouvelle infrastructure routière provoque un « appel d’air » et une augmentation du trafic. Ce qui signifie plus de circulation à Anières, à Collonge, à Hermance et à Meinier d'un côté et, de l'autre, plus de bouchons sur les quais pour rentrer en ville de Genève, déjà saturés par le trafic automobile.
La vraie solution : diminuer le trafic !
Les solutions aux problèmes de trafic de Vésenaz – et de bien d’autres villages – sont en réalité très simples. Elles relèvent d’une logique élémentaire : pour diminuer les nuisances dues au trafic automobile, il faut diminuer le trafic automobile ! Toute autre solution n’est qu'un aveuglement coupable.
Pour cela, les solutions sont nombreuses. Il s’agit tout d’abord de développer davantage le réseau de transports publics, encore assez faible dans la région Arve et Lac. La mise en service du CEVA offrira dans quelques années une alternative bienvenue aux nombreux pendulaires venant de la région de Thonon, Evian et Douvaine. En attendant le RER franco-valdo-genevois, des parkings d’échange doivent être construits, par exemple à la Pallanterie, et/ou à la douane d’Anières, avec des lignes de bus performantes pour les relier au centre-ville. Le covoiturage doit également être encouragé activement : il permet, sans aucune nouvelle infrastructure, de réduire drastiquement le nombre de véhicules empruntant nos routes.
Une solution globale pour l’agglomération
Une solution globale aux problèmes de transport dans notre agglomération doit être trouvée.
En effet, enterrer toutes les routes du canton qui supportent au moins autant de trafic que Vésenaz, au nom de l'égalité de traitement, coûteraient des dizaines de milliards de francs, ce qui est simplement impossible.
Nous avons envie d’autre chose pour l’avenir de notre canton. Nous ne pensons pas que l’on résout les problèmes en les repoussant chez le voisin. Nous avons envie de trouver des solutions durables aux différents problèmes que rencontre notre agglomération en pleine croissance, et non pas de les dissimuler sous une chape de béton. La somme astronomique qui serait dépensée pour recouvrir 520 mètres de route pourrait être investie à bien meilleur escient.
Votons NON !
Ras-le-bol du gaspillage pour un projet du passé !


